Ces dernières années, le secteur du tourisme a pris de l'importance dans le débat public. S'il est indéniable qu'il constitue un moteur économique et un pilier fondamental des échanges socioculturels, la situation actuelle nous oblige à réfléchir à la viabilité de notre modèle. Des défis tels que la gentrification ou l'impact environnemental mettent en évidence la nécessité d'évoluer vers un modèle de tourisme plus durable et plus responsable.
Dans ce contexte de transformation, la Chambre de Commerce a organisé le 15 avril dernier l'atelier intitulé « En bâtissant de la valeur sociale grâce au tourisme », une journée de réflexion animée par Pili Malagarriga, experte en tourisme socialement responsable et directrice de l'organisation Segundo Mundo. Forte d’un parcours alliant conseil, enseignement universitaire et coopération internationale, Pili a invité tous les participants à réfléchir à ce sujet qui revêt une importance croissante.
Le message central de la conférence tournait autour de la durabilité, comprise comme une stratégie de pérennité et de prospérité. Pour l'illustrer, elle a fait référence à la « Tragédie des biens communs » de Garrett Hardin, appliquée au tourisme : les rues, les paysages et la tranquillité du quartier sont des ressources partagées que le secteur utilise, mais dont il ne prend pas toujours soin. Si les entreprises n'assument pas la responsabilité de préserver ce bien commun, la ressource finit par s'épuiser pour tout le monde.
Du point de vue de la compétitivité, Pili s'est appuyée sur la pensée de Michael Porter pour souligner qu'aujourd'hui, la simple croissance en termes de chiffres ne suffit plus. Être véritablement compétitif implique de générer un impact positif et d'apporter une réelle valeur ajoutée à la société, condition indispensable pour qu'une entreprise soit respectée et durable dans le temps.
La conférencière a également mis en avant le facteur humain comme élément central de l'impact social : ce n'est que par le bien-être des employés qu'il est possible d'atteindre un véritable équilibre entre la stratégie d'entreprise et le bien-être social.
Des exemples concrets de bonnes pratiques ont également été présentés, parmi lesquels le programme Tierra Firme, exposé par Yolanda Martínez, secrétaire générale de la Chambre. Au cours de l'atelier, Yolanda a présenté la troisième édition du programme, dans le cadre duquel la Chambre assure la coordination du secteur du tourisme et de l'hôtellerie. Grâce à cette initiative, les entreprises membres du secteur offrent à de jeunes Sénégalais la possibilité de se former dans leurs locaux pendant une période de trois mois.

La rencontre s'est conclue par un appel à l'action individuelle et collective, rappelant que les grands changements structurels commencent par de petits gestes quotidiens. Au nom de la Chambre, nous tenons à remercier Pili Malagarriga pour le temps qu'elle nous a consacré et pour nous avoir appris à être un peu plus responsables sur le plan social.